Un pare-chocs enfoncé sur un parking, une grêle d’été qui crible le capot, un vol nocturne : chaque sinistre rappelle ce que coûte le reste à charge. L’assurance auto tous risques sans franchise promet un remboursement intégral, sans débourser un centime après le sinistre. Cette tranquillité a un prix, et il varie bien plus qu’on ne le pense selon le véhicule, le profil du conducteur et les garanties visées.
Coût réel d’une assurance tous risques sans franchise en 2025
Selon les données de France Assureurs rapportées par LeLynx en septembre 2026, la prime moyenne hors taxes d’un véhicule assuré tous risques est passée de 511 euros en 2021 à 601 euros en 2025. C’est la base, avec franchise classique incluse.
Supprimer la franchise sur les garanties dommages, vol et bris de glace ajoute un surcoût. Les concurrents du marché annoncent généralement entre 20 et 30 % de majoration par rapport à la même formule avec franchise. Sur une prime tous risques de 601 euros, le surcoût se situe donc entre 120 et 180 euros par an.
Cette fourchette varie selon trois paramètres principaux :
- La valeur du véhicule : plus la voiture est récente ou chère, plus le montant potentiel des réparations est élevé, et plus l’assureur facture la suppression de la franchise.
- Le profil du conducteur : un jeune conducteur ou un conducteur avec un malus paiera nettement plus cher qu’un conducteur expérimenté avec un bon bonus.
- Les garanties concernées : retirer la franchise uniquement sur le bris de glace coûte bien moins que la supprimer sur l’ensemble des garanties dommages et vol.
Un conducteur expérimenté avec un véhicule de valeur moyenne peut donc s’attendre à une prime totale comprise entre 720 et 780 euros par an pour un tous risques sans aucune franchise. Pour un jeune conducteur ou un véhicule récent haut de gamme, la facture dépasse souvent largement ce seuil.

Rachat de franchise ou franchise à zéro : deux mécanismes, deux prix
Vous avez déjà remarqué que certains contrats affichent « 0 euros de franchise » alors que d’autres proposent un « rachat de franchise » ? La nuance est plus qu’un détail commercial.
Franchise intégrée à zéro dès la souscription
Certains assureurs proposent des formules où la franchise est fixée à zéro dès le départ. La prime mensuelle intègre ce coût. Il n’y a aucune option à cocher ni supplément visible sur la facture.
L’avantage : la lisibilité. Vous connaissez le prix total dès la signature. L’inconvénient : le surcoût est noyé dans la prime globale, ce qui rend la comparaison plus difficile avec un contrat classique.
Option de rachat de franchise ajoutée au contrat
D’autres assureurs vendent une option séparée. Vous partez d’un contrat tous risques avec une franchise de 300, 500 ou 800 euros, puis vous ajoutez une garantie « rachat de franchise » qui ramène ce montant à zéro.
Ce mécanisme permet de comparer le prix de base et le coût exact de la suppression de franchise. C’est aussi plus souple : vous pouvez racheter la franchise uniquement sur le bris de glace, ou uniquement sur les dommages collision, sans toucher au reste.
Comparer ces deux approches sur un même devis est le seul moyen fiable de savoir si le zéro franchise est réellement avantageux pour votre situation.
Pourquoi les réparations tirent les prix vers le haut
Le prix de l’assurance sans franchise ne dépend pas seulement de votre profil. Le coût des sinistres lui-même évolue, et la tendance est nette.
L’Observatoire des sinistres de collision automobile 2025 du SRA, cité par LeLynx en septembre 2026, fait état d’une hausse de 29,9 % du coût moyen des réparations entre 2021 et 2025. Sur la même période, la prime moyenne tous risques n’a augmenté que de 17,6 %. L’écart entre ces deux courbes explique pourquoi les assureurs augmentent leurs tarifs, en particulier sur les garanties sans franchise.
Une analyse publiée par Meilleurtaux en septembre 2026, à partir des données de France Assureurs, précise que la fréquence des sinistres recule, mais leur coût moyen progresse d’au moins 3,4 % selon les garanties pour les véhicules de première catégorie. Les pièces détachées, la main-d’oeuvre en carrosserie et les technologies embarquées (capteurs, caméras) renchérissent chaque intervention.
Pour l’assuré, cela signifie qu’un contrat sans franchise souscrit aujourd’hui protège contre des factures de réparation plus lourdes qu’il y a quatre ans. Le rapport coût de l’option/montant potentiellement économisé penche davantage en faveur du zéro franchise sur un véhicule récent équipé de nombreuses aides à la conduite.

Pièges à vérifier avant de signer un contrat sans franchise
Un contrat qui affiche « 0 euros de franchise » ne signifie pas toujours zéro reste à charge dans toutes les situations. Plusieurs points méritent une lecture attentive des conditions particulières.
Franchise catastrophe naturelle
Le « zéro franchise » contractuel ne supprime pas la franchise légale liée aux catastrophes naturelles. Cette franchise est fixée par arrêté ministériel et s’applique quel que soit votre contrat. Même avec une option sans franchise sur toutes les autres garanties, vous paierez un reste à charge en cas d’inondation, de tremblement de terre ou d’événement classé catastrophe naturelle par arrêté.
Plafonds de remboursement et vétusté
Un contrat sans franchise rembourse la totalité du montant pris en charge par l’assureur, mais ce montant peut être limité par un plafond ou réduit par un coefficient de vétusté. Pas de franchise ne veut pas dire remboursement à la valeur du neuf. Vérifiez si votre contrat inclut une garantie valeur à neuf ou valeur majorée, surtout sur un véhicule de moins de trois ans.
Exclusions de garantie
Certains contrats excluent du périmètre « sans franchise » les sinistres liés à une conduite en état d’ivresse, à un défaut de contrôle technique ou à un conducteur non déclaré. Ces exclusions sont légales et fréquentes. Elles figurent dans les conditions générales, rarement mises en avant lors de la souscription en ligne.
- Vérifiez la liste des exclusions dans les conditions générales, pas seulement dans le tableau de garanties.
- Demandez par écrit si la franchise catastrophe naturelle est concernée par le rachat.
- Contrôlez le plafond de remboursement par sinistre et par année, car un plafond bas peut annuler l’intérêt de l’option sans franchise sur un véhicule de valeur élevée.
Critères de choix : quand le sans franchise vaut le surcoût
Supprimer toute franchise n’est pas toujours la meilleure décision financière. Pourquoi ce choix plutôt qu’un autre ? Tout dépend de votre situation concrète.
Le sans franchise se justifie pleinement si vous roulez avec un véhicule récent dont les réparations coûtent cher. Un SUV équipé de capteurs LiDAR et de caméras 360 degrés peut générer une facture de plusieurs milliers d’euros pour un simple accrochage de pare-chocs. Payer 150 euros de plus par an pour éviter 500 ou 800 euros de franchise en cas de sinistre est un calcul vite rentable dès le premier incident.
Le sans franchise est moins pertinent sur un véhicule ancien de faible valeur. Si la cote de votre voiture est de 3 000 euros, le surcoût annuel de l’option sans franchise représente une part significative de cette valeur. Mieux vaut alors conserver une franchise raisonnable et mettre la différence de prime de côté.
Pour un jeune conducteur, la question est différente. La franchise classique est souvent majorée (parfois doublée par rapport à un conducteur confirmé). Le rachat de franchise permet d’éviter un reste à charge qui peut dépasser 1 000 euros. Comparez le surcoût de l’option au montant réel de la franchise majorée indiqué dans vos conditions particulières avant de décider.
Le choix d’une assurance auto tous risques sans franchise repose sur un arbitrage personnel entre budget mensuel et capacité à absorber un imprévu. Avant de trancher, demandez plusieurs devis détaillés en précisant les garanties exactes souhaitées. Le formulaire ci-dessous vous permet d’obtenir un rappel gratuit par un professionnel qui pourra comparer les offres adaptées à votre véhicule et à votre profil.

